Compagnon du Devoir métier : les 30 métiers, formations et parcours

Les Compagnons du Devoir forment à plus de 30 métiers répartis en 4 familles.

  • Le bâtiment regroupe 17 métiers en alternance.
  • Métiers du goût : boulangerie, charcuterie, fromagerie et vigne & vin.
  • L’industrie forme en chaudronnerie, mécanique et carrosserie.
  • Matériaux souples : art et précision comme sellerie ou tapisserie.
  • La pédagogie alterne 4 à 6 semaines en entreprise et 2 à 3 en centre.
  • La transmission repose sur le Tour de France, ADN du compagnonnage.

Les 4 familles de métiers des Compagnons du Devoir

L’offre de formation des Compagnons du Devoir est structurée autour de plus de 30 métiers, répartis en 4 grandes familles : le bâtiment, l’industrie, les métiers du goût et les matériaux souples. Cette diversité permet aux jeunes de trouver une voie qui correspond à leurs aptitudes, qu’ils soient attirés par le travail manuel, le travail de précision ou le patrimoine.

Le point commun de toutes ces filières ? Une pédagogie fondée sur l’alternance, la transmission de savoir-faire d’excellence et une ouverture au monde à travers le Tour de France, qui reste l’ADN du compagnonnage.

Le bâtiment : plus de 17 métiers en alternance

Véritable colonne vertébrale du compagnonnage, le secteur du bâtiment propose 17 métiers formés en alternance, du gros œuvre à la finition. C’est la filière la plus étendue, avec des débouchés aussi bien dans la construction neuve que dans la rénovation du patrimoine ancien.

Voici la liste des métiers enseignés au sein de cette famille :

  • Couvreure : pose et entretien de toitures
  • Charpeinte : conception et assemblage de structures
  • Menuiserie : fabrication d’ouvrages en bois
  • Plomberie : installation de réseaux d’eau
  • Électricité : mise en place de systèmes électriques
  • Maçonnerie : élévation de murs et fondations
  • Taille de pierre : restauration de monuments
  • Carrelage : revêtements de sols et murs
  • Vitrerie : pose de vitrages et miroiterie
  • Serrurerie : ouvrages métalliques de sécurité
  • Ferronnerie : création d’éléments en fer forgé
  • Peinture : application de revêtements décoratifs
  • Staff : ornements en plâtre et stuc
  • Chauffage : installation de systèmes thermiques
  • Isolation : performance énergétique du bâti
  • Zinguerie : travail des métaux en feuilles
  • Agencement : aménagement intérieur sur mesure

Les apprentis intégrant cette filière bénéficient d’un rythme hebdomadaire comprenant 4 à 6 semaines en entreprise pour la pratique, suivies de 2 à 3 semaines en centre de formation pour les enseignements techniques et généraux.

L’industrie, le goût et les matériaux souples

Au-delà du bâtiment, trois autres familles élargissent le spectre des possibles. Dans le secteur industriel, on retrouve des métiers de la chaudronnerie, de la mécanique et de la carrosserie, où la précision et la lecture de plans sont essentielles. La famille des métiers du goût regroupe des savoir-faire artisanaux comme la boulangerie, la charcuterie, la fromagerie ou encore les métiers de la vigne et du vin.

Enfin, la filière des matériaux souples – plus confidentielle – forme à des métiers d’art et de précision tels que la cordonnerie, la sellerie et la tapisserie. Ces professions, souvent méconnues, offrent pourtant des débouchés solides dans la maroquinerie de luxe, l’ameublement et la restauration de pièces anciennes.

Quelle que soit la filière choisie, l’accès se fait dès 15 ans, à la sortie de la 3e, avec un CAP préparé en 2 ans, ou un bac pro en 3 ans. Pour les bacheliers, un CAP peut être préparé en 1 an seulement, permettant une spécialisation accélérée dans le métier visé.

Chaque parcours intègre un passage à l’étranger de 3 semaines obligatoire, financé par les compagnons, pour confronter les pratiques françaises à d’autres cultures professionnelles. Cette expérience est un tremplin pour gagner en autonomie et en ouverture d’esprit, bien avant d’entamer le Tour de France à proprement parler.

Compagnonnage : valeurs, héritage et spécificités

compagnon du devoir metier

Association loi 1901 reconnue d’utilité publique, la Fédération Companonnique des Métiers du Bâtiment perpétue depuis des siècles la transmission des savoir-faire. Ses fondateurs légendaires, Salomon et Maître Jacques, ont posé les bases d’un esprit unique, centré sur le travail bien fait. Chaque parcours se conclut par la réalisation d’un chef-d’œuvre, pièce d’adoption examinée par les corporations avant l’obtention du titre.

Le parcours initiatique suit des statuts précis : d’abord affilié, puis aspirant, ensuite itinérant, et enfin Compagnon. Cette progression accompagne les apprentis dès 15 ans dans leurs voyages. La devise « Soyez de ceux qui construisent l’avenir » résume l’ambition : élever chaque jeune vers l’excellence technique et humaine, dans 60 maisons réparties en France.

L’héritage compagnonnique ne s’arrête pas à la technique. Il comprend l’hébergement en colocation et un encadrement bienveillant. Le passage en Europe, d’une durée de 3 semaines, demeure obligatoire pour chaque itinérant, élargissant les horizons professionnels et culturels de nos futurs compagnons.

Financer sa formation avec la taxe d’apprentissage

La formation chez les Compagnons du Devoir repose sur un modèle économique solidaire, largement porté par la taxe d’apprentissage. Ce levier fiscal permet aux entreprises de flécher une partie de leur contribution vers l’organisme de leur choix, garantissant ainsi la gratuité de l’enseignement pour les apprentis.

  • SoltéA : plateforme officielle pour affecter le solde de la taxe en ligne.
  • Échéance du 21 octobre : date limite pour la répartition des fonds.
  • Talents de demain : les entreprises soutiennent les métiers en tension.
  • Formation gratuite : les fonds collectés couvrent les frais pédagogiques.
  • Aides publiques complétées : la taxe finance l’équipement et l’hébergement.

En orientant leur solde vers les 60 maisons de Compagnons réparties sur le territoire, les employeurs participent concrètement à l’entretien des ateliers et au financement des voyages à l’étranger. Cette manne financière est complémentaire aux subventions publiques et permet de maintenir un accompagnement social de qualité pour les jeunes dès 15 ans.

Pour les entreprises, verser cette taxe ne constitue pas une charge supplémentaire, mais un acte d’engagement citoyen. Elles contribuent à la transmission des savoir-faire et au développement de l’alternance, tout en bénéficiant d’une main-d’œuvre qualifiée à long terme. Les équipes pédagogiques restent à l’écoute pour guider les employeurs dans leurs démarches de déclaration sur la plateforme SOLTéA.

Parcours Tour de France : l’itinérance comme formation

Le Tour de France constitue le cœur de la pédagogie compagnonnique. Accessible dès 15 ans, ce parcours dure en moyenne 4 à 6 ans, rythmé par des déplacements réguliers entre les 60 maisons de Compagnons réparties sur le territoire. Cette mobilité n’est pas une contrainte, mais une véritable école : chaque ville, chaque chantier, chaque maître apporte un savoir-faire distinct.

L’apprenti alterne entre périodes en entreprise (4 à 6 semaines) et séquences en centre de formation (2 à 3 semaines). Le dépaysement est aussi international : un passage à l’étranger de 3 semaines en Europe est obligatoire pour parfaire la formation. L’hébergement en colocation au sein des maisons favorise l’entraide et la transmission entre générations.

Ce mode de vie forge l’autonomie et l’adaptabilité, tout en maintenant un cadre structurant. Les jeunes construisent progressivement leur chef-d’œuvre, pièce d’adoption qui valide leur savoir-faire devant la corporation. Au-delà du diplôme, l’itinérance révèle des professionnels accomplis, capables de s’intégrer rapidement dans le monde du travail, forts d’un réseau national et d’une réputation ancestrale.

Comment devenir Compagnon du Devoir : admission et conditions

Rejoindre les Compagnons du Devoir repose sur un double projet : apprendre un métier exigeant et s’engager dans un parcours de vie fondé sur la mobilité et la transmission. La procédure d’admission est ouverte à tous les profils, dès 15 ans, avec un accompagnement dédié aux candidats de 25 ans et plus en reconversion. Le processus débute par un formulaire en ligne et la constitution d’un dossier, suivi d’un entretien de motivation pour valider le projet.

L’inscription se fait tout au long de l’année, mais deux temps forts permettent de découvrir les formations : les journées portes ouvertes organisées deux fois par an, en janvier et en mars. Une ligne d’écoute téléphonique est également disponible du lundi au vendredi, de 8h à 19h, pour répondre aux questions pratiques avant de vous lancer.

Admission avant 25 ans et parcours en apprentissage

Pour les jeunes, l’accès au parcours se fait principalement par la voie de l’apprentissage. L’âge minimum d’entrée est fixé à 15 ans, après la classe de 3e. Selon votre niveau, la durée de formation varie : 2 ans pour un CAP (accessible après la 3e), 3 ans pour un bac pro (préparé également après la 3e), et seulement 1 an pour un CAP si vous êtes déjà bachelier. Ce cursus alterne intelligemment la théorie et la pratique : vous passez 4 à 6 semaines en entreprise (période d’application) puis 2 à 3 semaines en centre de formation (période scolaire). Cette alternance, combinée aux séjours dans les différentes 60 maisons de Compagnons en France, permet d’acquérir rapidement une expérience terrain solide.

Admission après 25 ans et accompagnement spécifique

Le compagnonnage n’est pas réservé aux seuls jeunes. Si vous avez 25 ans ou plus et souhaitez vous reconvertir, un parcours de formation continue est spécialement conçu pour vous. L’accueil est personnalisé, avec un accompagnement renforcé pour définir votre projet, valider vos acquis et financer votre reconversion. L’objectif est de vous intégrer à un rythme adapté à votre situation, tout en bénéficiant du même esprit de transmission et d’excellence. L’alternance est également possible, avec le même rythme d’4 à 6 semaines en entreprise et de 2 à 3 semaines en formation.

Les 30 métiers proposés sont ouverts à tous. Les centres de formation accueillent aussi bien les jeunes filles que les garçons, et des aménagements sont prévus pour les personnes en situation de handicap. Chaque candidature est étudiée avec attention, pour garantir une bonne adéquation entre le profil, le métier visé et les valeurs du compagnonnage.